Voilà un petit topo que j'avais écrit pour faire part de mes impressions en passant de l'A3 180cv Quattro à la V6. Tout ca a été écrit alors que j'étais encore en rodage et en pleine effervescence. Je suis un peu excessif dans le commentaire ci dessous, c'est parce que je regardais la nouvelle V6 avec le réferentiel de la 1.8TQ. Mais maintenant je me suis bien habitué, et ce n'est plus la V6 qui semble sportive mais la 1.8TQ qui semble pataude... Je me demande bien quelle pourra etre ma prochaine voiture après celle là. Quoi ? une petite voix me sussure 997 ?
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Statique:
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Niveau qualité de fabrication/finition c'est excellent. Beaucoup de travail a été fait sur l'habitacle, pour la rendre plus accueillante que l'ancienne, avec un gros effort sur les harmonies de couleur et les matières (des plastiques "doux", un comme s'ils étaient en velour), en particulier pour les commandes de l'autoradio par exemple. L'ensemble est beaucoup plus lumineux, impression renforcée par les instruments et les bouches d'aération cerclés de chromes. La sellerie cuir/alcantara des sieges est magnifique, et le maintient est excellent. Tout tombe sous les mains comme il faut, avec juste un petit reproche sur les multiples comodos dans lesquels ce n'est pas facile de s'y retrouver au début (3 a droite: clignotant/régulateur de vitesse/palette du descente de rapport, et 2 a gauche: essuie glace/palette de monté de rapport). La qualité du son est exceptionnelle malgré l'absence de BOSE, l'insonorisation a été tres largement améliorée par rapport a l'ancienne A3, et le moteur n'est présent dans l'habitacle qu'a travers un grondement sourd, en tout cas jusqu'à 3000 tours. Au dela, tout change.
Dynamique:
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Tout d'abord, comme elle est encore en rodage, je n'ai pas cherché a l'exploiter *vraiment*. De toute facon je l'avoue bien humblement, l'exploitation d'une telle auto ne peux se faire qu'après beaucoup de temps passé derriere le volant, ou alors il faut etre pilote. La premiere différence évidente avec l'ancienne génération, c'est l'assistance variable de la direction, qui change la vie a basse vitesse, dès les premiers tours de roue au ralenti. Prise de contact avec la pédale de frein et du meme coup avec le pare brise. Ca freine fort, tres fort, tres tres fort. Les disques sont énormes (345mm a l'avant, ventilé memes a l'arrieres) et ne sont pas là que pour faire beau. Après avoir fait connaissance avec le pare brise donc, et avoir été rassuré sur l'aptitude de l'engin de 1600kg a s'arréter, une petite pression timide sur l'accélérateur, avec la boite en position "D" (drive, mode normal). Aucun bruit, aucun accoup, on se retrouve a 50km/h en 6eme sans meme avoir eu l'impression de changer de vitesse. Grace au gros couple du V6, il est possible d'enclencher les rapports très tot, Souplesse, disponibilité, discretion. Une vague de douceur dans une sportive, avec un agrément de conduite tout simplement exceptionnel. Angélique. Mais ce n'est pas tout, loin s'en faut.
Quelques tours de roue sont necessaires, pour nous amener sur une route plus discrete, le temps de monter le V6 en température. Et là, en roulant, passage au mode "S" (sport) d'un petit mouvement du selecteur de la boite DSG. Le compte tour, sans accoup toujours, rugis de 1500rpm a 4000rpm. Pres a bondir, le V6 remplis l'habitacle, mais jamais trop fort. Hésitation, puis acceleration. En partant a 80km/h en 3eme, les lombaires ont du mal a tenir le choc tellement les reprises sont violentes. Démoniaque. C'est le second caractère de la voiture. Transcendée elle s'envole illico et en moins de 4 secondes jusqu'a 120km/h, puis au dela. Et là, premiere angoisse: le rythme n'étant pas guidé par le bras droit sur le selecteur manuel, qui temporise les accélérations lorsqu'on change de vitesse manuellement, la poussée est continue. Et ca pousse fort, ca n'hésite pas une fraction de seconde, et ca ne s'arrete pas a 120km/h. La moindre ligne droite, meme courte se signe très largement au dessus de 150km/h. Inconduisible sur route ouverte. Tant d'exhubérance fait peur. D'ailleurs l'arrivée dans les virages déclenche une telle appréhension qu'on freine fort. Vu les freins, on s'arrete presque, tout honteux de se retrouver presque arrété. Le mode S incite a redonner de la voix au V6 pour regagner de la vitesse dans le virage. Et là, Audi a revu le comportement dynamique de l'auto: malgré ses kilos en plus elle est beaucoup plus agile, et la suspension, redoutable pour le dos, est nettement plus efficace que l'ancienne A3. Très rigide, elle ne se tasse plus sur les roues arrière lors des accélérations comme le faisait l'ancienne quattro, elle reste a plat, griffe le sol de ses 4 roues, ne glisse pas, meme sur route humide ou sur revetement imparfait. Les 225ZR17 y sont sans doute pour beaucoup. La motricité est hallucinante, le freinage est extrèmement violent (merci l'ESP pour rester en ligne), la boite est beaucoup plus rapide qu'une boite manuelle. Et le V6 monte allègrement jusqu'à 6500rpm, dans un vacarme d'autant plus jouissif que les rétrogradage se fond dès que le compte tour passe en dessous de 4000rpm... La zone rouge n'est jamais loin, et la puissance maxi non plus. Les réactions sont très vigoureuses mais saine et prévisible: ce n'est pas une auto caractérielle. A la place, elle distille un sentiment de sécurité bien au dela des vitesses règlementaires. D'ailleurs Les performances canons sont là (0-100 mesuré en 5.9s dans le moniteur automobile). Mais il faut etre franc, ce mode "S" est inutilisable sur route ouverte, à moins de rajouter un "1" devant toutes les limitations de vitesses actuelles. Et encore.
PS: conso @ 10l en conduite coulée , et BEAUCOUP plus en conduite soutenue